Conjoncture : soulagement, mais…

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Après un mois de juillet catastrophique où les entrées ont reculé de 37% par rapport au même mois de 2010, le secteur craignait le pire, notamment après l’assassinat de Mohamed Brahmi. Des craintes que le flot de VDM (ventes de dernière minute) du mois d’août est venu tempérer. Sans pour autant dissiper la crainte des professionnels de vivre encore une mauvaise saison, et ce, malgré des réservations jugées « convenables » pour l’arrière-saison.

Une situation que résume le président de la FTH, Radhouane Ben Salah, en déclarant : « Dix-huit jours ne font pas une saison ». En effet, au 20 août, les entrées européennes étaient encore en recul de 24% par rapport à 2010 (voir statistiques du mois d’août) et les recettes en euros affichaient au 10 août un recul de 21%.

Mais au-delà de ces données conjoncturelles, professionnels et administration craignent les tendances lourdes qui se précisent en cette troisième année de crise. Pour Habib Ammar, DG de l’ONTT, si cette saison apporte de bonnes nouvelles comme la confirmation des bons résultats du marché anglais (+22,5% par rapport à 2010), toute l’inquiétude vient du marché français. Celui-ci chute de 44% par rapport à 2010. Un recul, précise-t-il, « qu’il ne nous sera pas possible de récupérer par le simple retour à une situation politique normale, car l’image du pays est touchée et il nous faudra plusieurs saisons pour la rétablir ».

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Autre inquiétude formulée par le président de la FTH, la tendance à la baisse des prix de vente : « On ne négocie plus les prix, ils nous sont imposés », s’exclame-t-il, ajoutant que les hôteliers « vendent à des prix promotionnels sans cesse revus à la baisse et se trouvent ainsi sous une pression quotidienne ».

Mohamed Ali Toumi, président de la FTAV, décèle pour sa part chez la clientèle touristique actuelle une tendance à bouder les excursions. Les touristes restent cloîtrés dans les hôtels avec un taux de départ qu’il estime à 15%. Avec la chute des départs en excursions, « les agences de voyages se retrouvent, selon Mohamed Ali Toumi, privées de leur principale source de revenu ».

Ainsi donc, ce mois d’août qui « sauve la saison » ne serait que l’arbre qui cache la forêt.