René fidèle à lui-même !

Remis de sa maladie, l’ancien Ministre du Tourisme et de l’Artisanat n’a rien perdu de sa capacité à faire mouche par toutes ses déclarations.

Après des mois d’absence, René Trabelsi a bien voulu, vendredi 3 juillet, partager avec nous ses premières impressions et réflexions via une discussion vidéo. Il venait de franchir une nouvelle étape dans son rétablissement définitif : le même jour, il avait quitté l’hôpital où il poursuivait sa rééducation pour la continuer chez lui.

Souriant comme à son habitude, René Trabelsi nous a surtout parlé de Djerba où il compte rentrer dès qu’il le pourra.

Il a aussi évoqué le secteur et s’est désolé du nombre d’hôtels fermés (comme il l’a fait ce matin sur Express Fm), et nous nous sommes remémoré son intervention lors d’une table ronde que nous avions organisée en mars 2013 à Paris. Il y déclarait notamment : « La question à laquelle cette table ronde ne peut pas répondre est de savoir si le tourisme figure parmi les priorités du gouvernement tunisien. Moi, je pense qu’on veut laisser le tourisme vivoter sans trop s’en occuper. Il fut un temps où un hôtel qui fermait provoquait le déplacement du Ministre pour empêcher une telle issue. Aujourd’hui, je me demande si la fermeture d’un hôtel suscite autre chose que le soulagement ou l’indifférence. » (Le Tourisme, avril 2013, page 15).

Des propos qui n’ont rien perdu de leur actualité… Devenu Ministre du Tourisme et de l’Artisanat, René Trabelsi a joint l’acte à la parole : « A chaque dossier de fermeture d’hôtel qu’on me présentait, se rappelle-t-il aujourd’hui, ma question était invariablement : comment peut-on l’aider à rester ouvert ? ».

Par ces déclarations, René Trabelsi ne vient-il pas de livrer le secret de sa réussite, ou du moins de sa cote de popularité ? Non seulement il connaissait le secteur dont il avait la charge, mais aussi – et surtout – il l’aimait.

A bientôt René !

Lotfi Mansour

René Trabelsi dans le magazine Le Tourisme, avril 2013

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D’un professionnel à un autre

Au-delà des déclarations de circonstance, la cérémonie de passation au ministère du Tourisme entre R. Trabelsi et M.A. Toumi était empreinte de beaucoup d’émotion, tant le Ministre sortant et son successeur comptaient d’amis parmi l’assistance.

On retiendra des discours de l’un et de l’autre l’engagement de René Trabelsi à rester au service du tourisme tunisien, tant à travers sa société qu’à titre personnel ; et celui de Mohamed Ali Toumi à continuer le travail accompli par son prédécesseur, mais aussi à remettre à l’ordre du jour les dossiers de réformes restés en suspens ces dernières années.




La FI2T communique

A l’occasion de la passation de pouvoir entre René Trabelsi et Mohamed Ali Toumi qui se déroule ce matin à 10h au ministère du Tourisme et de l’Artisanat, la FI2T félicite, dans un communiqué, R. Trabelsi et se félicite de l’arrivée de son successeur.

Communiqué


La Fi2T (Fédération Interprofessionnelle du Tourisme Tunisien) remercie vivement M. René Trabelsi, Ministre sortant du Tourisme et de l’Artisanat, pour son excellente implication dans l’Industrie du Tourisme du 5 novembre 2018 au 27 février 2020. La Fi2T se félicite de l’excellente écoute et collaboration dont a fait preuve M. le Ministre René Trabelsi durant son mandat. Une réelle dynamique s’est instaurée entre M. le Ministre René Trabelsi et les divers acteurs du Tourisme Tunisien, notamment la Fi2T, afin de sortir des sentiers battus et d’imaginer un nouveau Tourisme Tunisien. La Fi2T se félicite également de la nomination de M. le Ministre Mohamed Ali Toumi en tant que nouveau Ministre du Tourisme et de l’Artisanat. La Fi2T souhaite tout le succès à M. le Ministre Mohamed Ali Toumi, figure reconnue et appréciée par l’ensemble des professionnels du secteur. La Fi2T se veut une force de proposition et d’action auprès de M. le Ministre Mohamed Ali Toumi, afin que la Tunisie saisisse les nouvelles opportunités qui se présentent à elle sur des niches à forte valeur ajoutée. Bonne chance M. le Ministre Mohamed Ali Toumi.

La FI2T




Ne nous quitte pas…

Ton départ du ministère du Tourisme n’est pas une fin… Au contraire : c’est le début d’un long chemin que tu dois parcourir pour nous réconcilier avec notre identité, notre « exception culturelle » à nous.

Tu as déjà débroussaillé le terrain en faisant prendre conscience aux nouvelles générations qu’un Tunisien juif est d’abord un Tunisien.

En France, les « tunes », longtemps moqués par les autres juifs du Maghreb, n’ont-ils pas en vérité été jalousés pour leur bonhommie, leur jovialité qui frise parfois l’exubérance ? Bref, pour leur tunisianité, qu’ils s’entêtent à exhiber à la manière d’un Michel Boujenah qui reçut un jour cet hommage en guise de reproche : « Arrête de dire que tu es tunisien, cela se voit tellement ! ».

Oui, un juif tunisien est d’abord un Tunisien ; mais ne peut-on pas aussi dire que tout Tunisien pourrait être “un juif qui s’ignore”, tant nos racines sont  entremêlées ?
Au-delà des “vérités d’historiens”, la Tunisie nouvelle n’a-t-elle pas besoin que chacun se mette à la place de l’autre, ne serait-ce qu’un instant ? Il t’est bien arrivé à toi, René, de présenter une idée que tu jugeais géniale en disant : « J’ai eu une idée de juif ! » car c’est ce que diraient beaucoup de tes compatriotes musulmans qui n’ont pas toujours ton humour.

Quoi qu’il en soit, la Tunisie nouvelle a besoin de retrouver ses parties d’elle-même qu’elle semble vouloir ignorer ; des minorités parfois privées des plus basiques des droits, comme ces Tunisiens noirs, chez toi à Djerba, qu’on continue à vouloir enterrer dans un cimetière séparé.

J’en viens maintenant à mon souhait : présente-toi aux prochaines élections législatives pour être le porte-voix de ces minorités sans voix. Tu serais le candidat d’une Tunisie apaisée et réconciliée avec elle-même.
En attendant, le nouveau gouvernement serait bien inspiré de te proposer le titre d’ambassadeur de bonne volonté pour servir l’image du pays, comme tu sais si bien le faire. Tu pourrais aussi créer une association pour servir ce même objectif, laquelle association s’appellerait, comme il se doit, “Tunisie mon amour”…

A toi de voir laquelle de ces voies te conviendrait le mieux, mais… ne nous quitte pas.

Lotfi Mansour




René ou Daly ? l’enjeu est ailleurs…

Pour les professionnels du tourisme, l’essentiel aujourd’hui n’est peut-être pas dans le choix entre René et Daly : l’un et l’autre sont des professionnels aguerris, connus et reconnus. L’un et l’autre font partie de cette nouvelle génération de politiciens portant l’espoir de beaucoup de Tunisiens.

Une fois n’est pas coutume, la nomination qui me semble la plus importante pour le secteur du tourisme concerne le ministère de la Culture : Chiraz Laâtiri a montré suffisamment de détermination, de force de personnalité et de capacité à s’entourer des meilleures compétences du pays pour qu’on rêve déjà de la voir jouer la carte de la complémentarité avec le Tourisme. Celui-ci devrait à son tour s’engager sur la voie d’une valorisation de notre richesse patrimoniale pour en faire le fer de lance de notre commercialisation. Il ne sert à rien aujourd’hui d’énumérer les entraves (les conventions restées lettre morte et les projets tués dans l’œuf) à une telle coopération Tourisme/Culture, entraves dues en grande partie à l’actuel ministre des Affaires Culturelles.

Chiraz Laâtiri est représentative de cette nouvelle génération chez laquelle compétence et patriotisme vont de pair avec indépendance et esprit rebelle. Elle saura, avec le futur Ministre du Tourisme, trouver les synergies nécessaires pour le bien des deux secteurs et l’image de notre pays. Par exemple, faire de la Tunisie un lieu de tournage de blockbusters (ce qu’elle a été jadis), et restructurer l’AMVPPC pour qu’elle fasse une promotion digne de notre patrimoine, et non, comme aujourd’hui, qu’elle se contente de percevoir les recettes des entrées de touristes qu’on lui apporte devant sa porte. Il reviendra également aux deux Ministres du Tourisme et des Affaires culturelles de nous dire quand et comment la mise en valeur et l’entretien de notre patrimoine cesseront de vivre des subsides des pourvoyeurs de fonds.

En attendant de voir l’issue de l’actuel marathon de négociations politiques, les professionnels du tourisme se devraient d’appuyer cette candidature de Chiraz Lâatiri ainsi que celle d’Elyes Fakhfakh, dont le passage par le Ministère du Tourisme et celui des Finances le prédispose mieux que quiconque à faire avancer le dossier de l’assainissement financier du secteur.

Nos professionnels doivent surtout cesser de se comporter comme des fans d’équipes de foot pour un imaginaire derby René/Daly, pour la simple raison que ces deux-là jouent – en tant que ministre ou pas – dans la même équipe.

 Lotfi Mansour

PS : René et Daly : c’est ainsi que monsieur l’actuel Ministre et monsieur l’ex-président de la FTAV m’autorisent à les appeler… un privilège de l’âge peut-être.

Photo : René Trabelsi et Mohamed Ali Toumi à la soirée de Tunisia Hospitality Award le 19 juin 2019

 




René Trabelsi réagit aux propos de Habib Meir 

On attendait une réaction aux propos haineux de Habib Meir de la part du Ministre du Tourisme. Et c’est un Réné en Tunisien blessé dans son amour pour sa patrie qui a répondu sur le mode « Ya … hacha ismek ». Une réponse qui remet les pendules à l’heure pour les populistes de tout poil, où qu’ils se trouvent sur les deux rives de la Méditerranée. Il est bon – et il était temps – qu’un Tunisien de confession juive rappelle au monde que « la bête immonde est partout » et que la bêtise crasse est la chose la mieux partagée de nos jours, quelle que soit sa couverture et le nom qu’elle se donne.

 

La bête immonde est partout, monsieur Habib

Cher monsieur Habib Meyer, vous devez le savoir autant que moi, votre prénom est très courant en Tunisie où il est surtout aimé et glorifié car rappelant le souvenir du grand patriote Habib Bourguiba, homme de paix et de compromis, comme vous le rappelez dans votre post, mais qui n’hésitait pas aussi à réagir fermement quand la souveraineté de son pays était menacée. Ce Habib-là obtint l’indépendance de la Tunisie mais aussi la condamnation de tout acte attentant à la Tunisie, tout homme de paix et de dialogue qu’il était.

Cher monsieur Habib, je vous réponds aujourd’hui, non pas par crainte que vos appels à boycotter la Tunisie ne soient entendus, quoique je connaisse parfaitement votre poids non négligeable sur l’échiquier politique… je vous réponds, monsieur Habib, juste pour remettre les choses dans leur cadre qui est malheureusement mis à mal en ces temps de populisme cocardier. Je ne vous réponds donc pas par crainte, tant ma confiance est aveugle dans l’attachement inconditionnel de nos coreligionnaires, Tunes et autres, à la Tunisie et à la Ghriba, cette destination millénaire de pèlerinage qui charrie tous les ans les émotions, les souvenirs mais aussi les espoirs dans des lendemains de paix de nos coreligionnaires. Cher monsieur Habib, en tant que politique chevronné, vous devez savoir mieux que moi que les positions politiques ne sont que du conjoncturel… le pérenne, c’est l’amitié entre nos peuples, amitié douloureuse aussi tant foisonnent les malentendus en ces temps durs où les récits nationaux s’étriquent d’un côté comme de l’autre… Le pérenne, c’est ma tunisianité comme la vôtre et contre laquelle vous vous insurgez, à cœur défendant, je le sais.

Le Droit est une ascèse, comme l’a si bien dit Robert Badinter, qui fut un éclairé dénonciateur de tout antisémitisme. Les rapports internationaux, qui ne devraient être régis que par ce Droit-là, mais qui ne le sont malheureusement pas ou si peu, créent ce sentiment d’injustice chez une jeunesse prompte alors à jeter son dévolu sur la première utopie qui lui fait miroiter une dignité, une vengeance ou une reconnaissance. Ainsi en est-il du jihadisme et du terrorisme que vous dénoncez. Le sentiment d’injustice les a nourris mais la misère et la crise économique, que vous utilisez inamicalement pour vous moquer de la Tunisie, n’y sont pas étrangères. Appeler à boycotter la Tunisie en tant que destination serait ajouter à ses malheurs en faisant le lit de l’extrémisme, et ignorer le travail titanesque de ses dévoués serviteurs patriotes pour la sortir de l’ornière… La Tunisie ne demande pas l’aumône, comme vous semblez le sous-entendre, mais attend un juste retour des choses, dû au travail et à l’abnégation des siens, dont je suis, moi, René, le seul ministre juif du monde arabe. L’année dernière, nous avons atteint le chiffre de 9 millions de touristes et nous savons que nous ferons mieux tant notre engagement à nous en sortir est sans faille et tant nous comptons aussi sur nos alliés et amis qui n’ont pas pu toujours nous aider comme on l’escomptait, tant les intérêts sont aujourd’hui fluctuants dans un monde qui change irrémédiablement. Certains pays qui mettent l’accent sur les problèmes sécuritaires tunisiens, pour dénigrer la destination touristique, ont bien nourri le jihadisme, par exemple en Syrie, ou, au mieux, laissé faire pour de frustes et immédiats calculs politiques. Nous payons en Tunisie le prix des batailles que les “grands” de ce monde se livrent. Ceci est injuste mais ceci est. Et je ne pense pas qu’il convienne de nous stigmatiser plus que nous ne l’avons indûment été. La solution ne sera jamais dans l’invective mais dans l’ascèse dans ce qu’elle comporte d’élévation sur les scories du politique, du slogan viscéral et des tristes temps. Se complaire dans cette fange du circonstanciel, indigne d’un éminent membre du groupe d’amitié tuniso-française tel que vous, ne fera que sustenter la bête immonde car cette bête immonde, que vous ne cessez de décrier, est partout monsieur Habib, partout où on appelle à la haine, à la vengeance, à la punition collective et à la diabolisation. Vive la Tunisie !

René Trabelsi, Ministre tunisien du Tourisme et de l’Artisanat

 




Tourisme : la continuité et le changement

Un bon ministre, c’est bien. Un gouvernement pro-tourisme, c’est encore mieux

 

La reconduction de René Trabelsi à la tête du ministère du Tourisme – auquel est adjointe une Secrétaire d’Etat à l’Artisanat, Najet Nefzi – est une bonne nouvelle pour un secteur en quête de stabilité et de continuité. Si cette reconduction constitue une reconnaissance de l’efficacité et du pragmatisme du Ministre du Tourisme, ce dernier n’en sera pas moins attendu et jugé, lors de son nouveau mandat, sur sa capacité à mener à terme une stratégie dont il a décrit les contours ces derniers mois.

Le mot d’ordre de cette stratégie est la croissance du secteur qui passera notamment par trois axes :
– diversification et qualité de l’offre : relance du tourisme saharien, du tourisme de bien-être, du tourisme culturel ; mise en place des nouvelles normes hôtelières…
– rééquilibrage de la commercialisation : atténuer la saisonnalité, renforcer les marchés européens pourvoyeurs de devises, hâter l’Open Sky pour attirer une nouvelle clientèle et développer les courts séjours…
– restructuration de l’ONTT et remise à niveau du parc hôtelier tunisien, y compris par l’assainissement des hôtels en difficulté.

Tous ces points sont dans l’agenda du Ministre du Tourisme, et il ne manque pas de compétences à l’ONTT et au sein des fédérations professionnelles pour les mener à bien. Reste la volonté politique de reconnaître au secteur sa vraie place de moteur de l’économie tunisienne et, en ces temps de disette financière, sa capacité à réduire les besoins de financement du pays.

En effet, il est temps de cesser d’accabler le secteur sous prétexte qu’ « on en a fait assez pour le tourisme », comme le déclarait feu Béji Caïd Essebsi en 2012, alors qu’il était chef du gouvernement, au président de la FTH d’alors.

Il est temps, pour l’actuel Président du gouvernement, de tourner cette page où nos politiques s’évertuaient à se tirer une balle dans le pied qui fait avancer l’économie du pays.

Lotfi Mansour




Tourisme : la stratégie en temps de vaches maigres

Le Ministre du Tourisme, René Trabelsi, et le Directeur Général de l’ONTT, Nabil Bziouech, semblent s’accommoder de la quasi-stagnation du budget du secteur (projet 2020 à quelque 150 millions de dinars). Obligés de se muer en cost killers, ils nous dévoilent quelques-unes de leurs pistes.

Ne dites pas au Ministre du Tourisme qu’il est un mauvais ministre parce qu’il n’a pas su augmenter le budget de son ministère. Il vous répondra que « bien au contraire, plus que de mon ministère, j’ai le souci de mon pays et le pays n’a pas d’argent ».
Que faire alors pour un secteur qui rapportera d’autant plus à l’Etat qu’il sera bien promu ? Réponse du ministre : « Les dépenses de fonctionnement doivent être comprimées pour nous donner plus de latitude en promotion ».

Comprimer les dépenses de fonctionnement

En effet, 2/3 du budget sont destinés aux dépenses de fonctionnement du ministère du Tourisme et seulement 1/3 à la promotion. Une règle vieille comme le ministère et qu’on n’a pas su inverser jusque-là.
Ces dépenses de fonctionnement seront donc le “gisement” où le Ministre traquera les coûts “non indispensables”, à commencer par le nombre de représentations à l’étranger et les loyers qui en découlent. « Nous réduirons les représentations par la formation de pools de marchés ; à part la France et l’Allemagne, nous n’avons pas besoin d’une représentation par pays ». Pour certains marchés, « la représentation peut se faire héberger à l’Ambassade de Tunisie, comme ce sera bientôt le cas en Belgique », renchérit le Ministre.

En Tunisie aussi, “la chasse au gaspillage” est ouverte. L’idée au ministère est de « regrouper les différents services de l’ONTT dans un seul immeuble en propriété. L’Etat est propriétaire de plusieurs immeuble vides qui pourraient être exploités à cette fin ».

Normes et label de qualité

Pour le Directeur Général de l’ONTT, Nabil Bziouech, l’urgence est de relancer les réformes, et notamment celles préconisées par les Assises du Tourisme (tenues en 2017) : « Nous concrétiserons au moins un projet dans chacun des six axes retenus par les Assises. Le choix des projets tiendra compte de nos limites budgétaires », déclare-t-il.

Dans l’immédiat, les projets de nouvelles normes hôtelières et de label de qualité Quality Tunisia Tourism (QTT) auront la vedette.
Le premier verra dans les prochains jours la clôture de sa première phase en partenariat avec le GIZ. Il atteindra sa phase finale à la fin de l’année prochaine, pour une application des nouvelles normes hôtelières le 1er janvier 2021.

Quant au label QTT, soutenu par l’Union Européenne, il sera octroyé à la fin de cette année à quatre entreprises touristiques (hôtels, agences de voyages…). L’ouverture des candidatures pour l’ensemble des entreprises du secteur sera effective dès janvier 2020.




Thomas Cook ou le syndrome “too big to fail”

Seuls les connaisseurs du secteur ne pouvaient pas croire à une faillite de Thomas Cook. Explication.

 

Alors qu’une conférence de presse sur la faillite de Thomas Cook vient d’être tenue par le Ministre du Tourisme (photo), l’opinion semble obnubilée par la recherche d’un coupable avec l’argument : « C’était prévisible et on aurait dû le prévoir ». Même si son impact sur l’hôtellerie tunisienne reste circonscrit, et relativement restreint par rapport à d’autres destinations.

Certains politiciens ont vu dans cette faillite l’occasion d’accrocher le Ministre du Tourisme, René Trabelsi ; d’autres, une défaillance dans la gestion des hôtels. A les croire, on aurait dû faire mieux que les Grecs, les Turcs, les Espagnols et toutes les destinations aux moyens incomparablement supérieurs aux nôtres…

Au sein des professionnels, la réaction presque commune est de dire : « Qui l’aurait cru ? ».
En effet, Thomas Cook fait partie des trois mastodontes du tourisme européen et mondial. Sa taille est si prépondérante dans le secteur que personne ne pouvait douter qu’il serait renfloué.
A l’image des grandes banques maintes fois renflouées pour leur éviter la faillite, on a pensé que Thomas Cook le serait aussi, surtout après le plan de sauvetage de l’actionnaire chinois Fosun qui avait mis sur la table 900 millions d’euros. Un plan qui semblait tenir la route et auquel il fallait ajouter 200 millions.

Le gouvernement britannique a préféré sacrifier la société plutôt que de la renflouer, sous prétexte que son « business plan n’était pas convaincant » et quitte à dépenser dans la foulée le double de l’aide demandée.
Comme Barack Obama pour Lehman Brothers, Boris Johnson, le Premier Ministre britannique, a décidé de laisser tomber Thomas Cook. L’aurait-il fait si Thomas Cook n’était pas si allemand ? Condor, lui, vient d’être secouru par les autorités allemandes avec 380 millions d’euros. Prions que le reste des filiales de Thomas Cook le soient aussi par leurs gouvernements respectifs.

Mais revenons à nos moutons (ou plutôt à nos ânes) qui sont allés jusqu’à insinuer une “collusion tunisienne” dans cette faillite. Alors que la seule faute des professionnels tunisiens, à l’instar des professionnels du monde entier, est peut-être d’avoir été trop bien informés de ce que représentait Thomas Cook dans le tourisme mondial : une société “too big to fail”. Et de lui avoir consenti, comme du reste tous les hôtels du monde entier, des délais de paiement excessifs (60 jours, extensibles d’un mois grâce à une clause de non paiement durant un mois par trimestre).

Suite des évènements

Lors de la conférence de presse tenue hier par le Ministre du Tourisme René Trabelsi en présence de l’Ambassadrice britannique et des présidents des fédérations professionnelles tunisiennes , promesse a été faite par le Ministre de proposer un CMR afin d’étudier la possibilité d’un report de paiement de certaines taxes sous forme d’un “crédit d’impôt”.

Concernant les clients séjournant actuellement en Tunisie, seule la situation des Britanniques est clarifiée (prise en charge des séjours par l’arrangement ATOL-gouvernement britannique de ceux séjournant du 23 septembre au 6 octobre).
Pour les autres nationalités, faute de réponse des filiales concernées, les hôtels tunisiens pourraient demander le règlement par les clients qui se feraient ensuite rembourser selon les règles de la directive européenne des voyages à forfait (en application depuis le 18 juillet 2018) laquelle stipule que le voyagiste doit prévoir la poursuite du séjour et le rapatriement de ses clients en cas de faillite.

Lotfi Mansour




Vidéo - René Trabelsi : ce qui est fait, ce qui reste à faire…

Entretien avec René Trabelsi. A bientôt un an de son arrivée à la tête du ministère du Tourisme et de l’Artisanat, il livre son bilan et se livre : ses convictions, ses projets, ses coups de foudre…